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Barrage Gibe III

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25 Février 2019
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Une famille hamar devant sa maison, vallée de l'Omo, Ethiopie. Le barrage Gibe III en construction détruira les moyens de subsistance de leur people (Image: Magda Rakita/Survival)
Une famille hamar devant sa maison, vallée de l'Omo, Ethiopie. Le barrage Gibe III en construction détruira les moyens de subsistance de leur people (Image: Magda Rakita/Survival)


En juillet 2006, le gouvernement éthiopien a signé un contrat avec la compagnie italienne Salini Costruttori pour la construction de Gibe III, le barrage hydroélectrique le plus important de tout le pays. Il n’a été lancé aucun appel d’offre pour le contrat, en violation avec la législation éthiopienne.

La mise en œuvre du chantier a démarré en 2006 avec un budget de 1,4 milliard d’euros. La construction est presque terminée et le gouvernement a commencé à remplir le réservoir du barrage situé en amont.

Le barrage bloquera la partie sud-ouest de l’Omo qui s’étend sur 760 km depuis les hautes terres d’Ethiopie jusqu’au lac Turkana au Kenya. La vallée inférieure de l’Omo est un site classé au patrimoine mondial de l’Unesco en raison de son importance géologique et archéologique. L’Omo s’y écoule dans les parcs nationaux Mago et Omo, où vivent plusieurs peuples indigènes.

Selon des experts, la réduction du débit de la rivière entraînera l’assèchement de deux tiers de la surface du lac Turkana. Cela aura un impact dévastateur sur la pêche dont dépendent des centaines de milliers de d’autochtones.

Les Karo (ou Kara), dont la population atteint environ 1000 à 1500 individus, vivent sur la rive orientale du fleuve Omo, au sud de l'Ethiopie. Ici, femme karo et ses enfants (Image: Eric Lafforgue/Survival)
Une famille hamar devant sa maison, vallée de l'Omo, Ethiopie. Le barrage Gibe III en construction détruira les moyens de subsistance de leur people (Image: Magda Rakita/Survival)

La législation éthiopienne sur l’environnement stipule qu’une évaluation d’impact environnemental et social (EIES) doit être menée avant l’approbation de tout projet. Malgré la législation, l’Agence fédérale éthiopienne de protection de l’environnement a approuvé l’EIES de manière rétroactive, en juillet 2008, deux ans après le commencement des travaux.

L’EIES a été menée par l’agence italienne CESI et a été financée par la compagnie éthiopienne d’électricité EEPCo (Ethiopian Electric Power Corporation) et Salini, faisant soulever des doutes quant à son indépendance et sa crédibilité. Son rapport publié en janvier 2009 soutient le projet, prétendant que l’impact sur l’environnement et les peuples concernés sera ‘négligeable’, voire ‘positif’.

Selon des experts indépendants, le barrage aura un impact gigantesque sur l’écosystème délicat de la région en altérant la crue saisonnière de l’Omo et réduira dangereusement son volume en aval, ce qui provoquera la sécheresse de la zone riveraine et la disparition de la forêt lacustre.


www.survivalinternational.fr

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